Buchenwald

Dans une atmosphère silencieuse, nous pénétrons ce monde partagé entre l’histoire et le présent. Accompagné seulement par le bruit de nos pas sur ce qui reste de la voie de chemin de fer saignant la forêt de hêtres , nous percevons déjà la souffrance du travail de force qu’il a fallut pour créer cette voie qui mène au camp. Un silence de plomb, aucun bruit réel ne vient troubler notre avancé. Quelques stèles içi ou là nous renseignent sur la douleur. Nous arrivons à la gare, une grande plateforme vide ou la nature reprend ces droits et nous rappel que la vie est toujours plus forte. Maintenant nous pourrions nous croire au cœur d’un film sombre ou la fumée des locomotives enveloppe la terreur. Seul, nous imaginons...! Traversant maintenant la Komandantur, le cœur serré, les bâtiments surgissent les uns après les autres découvrant la grille de l’entrée du campe- ment. Nous y sommes pour de bon ! Il n’a rien, tout est question de suggestion. La prison , les cheminées des crématoires les graviers qui jonchent le sol, quelques fondations des baraquements et, un musée... Même si les générations passées on tenté d’effacer cette page de l’histoire, ce lieux, lui, conserve cette souffrance et nous le fait partager. Içi notre imaginaire nous suggère la faim, là, l’oubli de soi sans identité ni souvenirs, les cris des enfants, les odeurs pestilentiels, la boue, le froid.... C’est cet étrange sentiment d’impuissance que j’ai voulu partager par ces images. Il est évident que l’on ne peut oublier. Aucune violence apparente, juste des lieux vides, des chambres dénudées ou la mort est si présente. Les visiteurs circulent au travers d’un drame humain qui nourri les pages de Primo Levi.

Nature Humaine

Quittons notre paysage familier et civilisé que nous maîtrisons, pour une promenade en forêt: est- elle encore enchantée? Se réduit-elle à un banal lieu de promenade dominical? La nature comme frontière: frontière entre deux mondes, mur végétal entre notre domaine civilisé et notre domaine intérieur, intime. Voyageons à travers ces parcelles, apprivoisons cette Nature humaine; ces troncs francs, ces arbres aux bras multiples qui peuvent se fondre dans le chaos en s’entremêlant. Quelques instants durant, notre imaginaire rejoint les décors angoissants des contes pour enfants: la nature s’immisce et envahit notre espace intime, reflète nos sens et nos sensations. En dépit de l’intervention de l’homme qui tient à domestiquer son environnement naturel, à inscrire sa griffe sur les corps des arbres, ces derniers résistent, imposent leurs lois, dominent, comptant sur les jeunes pousses pour prendre la relève. Ces corps s’organisent, se parlent, s’unissent pour cohabiter alors que d’autres veillent, au garde à vous, tels une ar- mée marchant au pas. Des traces de luttes nous heurtent: violence du vent tout puissant créant de nou- veaux tableaux que notre imaginaire croit reconnaître. Hors des sentiers, nous pénétrons dans les profondeurs, ces ténèbres nous oppressent au fur et à mesure que nous nous enfonçons jusqu’à ce qu’une clarté inattendue nous soulage, nous libère.

Stigmates et résilience

Barrières artificielles ou naturelles, si imposantes soient-elles, la mer a le pouvoir de les engloutir. Rapport de force; les constructions font acte de résistance, la mer les atteint, s'obstine dans ce paysage accidenté.

De Courcy au couloir bleu

Ma grand-mère a quitté ces derniers mois sa maison. Celle où elle a toujours vécu, depuis que je suis né. Jour après jour, elle y a laissé son empreinte. Dans cette maison de Courcy, une part précieuse de mes jeunes années a coulé. Comme dans toutes les habitations que de vieilles personnes quittent après y avoir longtemps vécu, son décor a fini par se figer jusque dans ses moindres détails. De toutes les traces de ce passé, il ne restera bientôt plus rien. Maintenant que la maison se meurt, j’ai voulu revenir la hanter, à la recherche de mes souvenirs perdus, retrouvant parfois mon regard d’enfant. Entre ces murs, j’ai voulu errer à la rencontre d’une absence, et remonter la piste que les petits signes de vie me traçaient pour essayer de décrypter l’énigme de ce temps désormais enfui. J’ai voulu aussi être à l’écoute de ce mystère du grand âge qui cristallise progressivement des êtres devenus fragiles dans une vie où le passé vient grignoter progressivement le présent. J’ai tenté de laisser remonter la tendresse, l’émotion qui me saisissait, au fil de mes impressions, pour les sauver de la destruction. Pour garder une trace, et la transmettre, la partager. A 98 ans, ma grand-mère vit aujourd’hui dans une chambre d’un établissement médicalisé, au fond d’un cou loir bleu. Je lui dédie cette exposition et les images de sa maison.

De part et d'autre

Nous avons tous nos limites, nos frontières. Cette série tente de définir un nouvel espace à partir de deux points de vue différents. C’est l’appareil photographique qui fixe la frontière par la marge blanche entre deux images et crée ainsi une nouvelle représentation de l’espace. Ce nouvel espace est un miroir asymétrique qui devient la représentation de deux mondes distincts. Tout comme une frontière avec ses deux côtés de part et d’autre.

On/Off

A quelques encablures, Symboles de croissance du développement et des populations, les câbles s ‘entremêlent à l’image du désordre. Chaos des câbles, chaos social , fils d’Ariane qui transperce le ciel des campagnes, Ils nous amènent la lumière sans po…